A propos du vote de l’EPUdF en faveur de la bénédiction des couples de même sexe.
Oui, nous croyons qu’un couple est formé d’un homme et d’une femme.
Oui, nous croyons que cette altérité est au cœur du récit biblique de la création, il demeure pour nous un fondement inébranlable pour le mariage.
Oui, nous croyons au mariage en tant que projet de Dieu pour l’homme et la femme même s’il n’est pas normatif (le célibat est aussi un don de Dieu).

Pour cette raison, nous ne nous croyons pas autorisés à prononcer une bénédiction sur un couple homosexuel.

Non, refuser de bénir un couple n’équivaut pas au rejet des personnes.

Nous pouvons tout à fait entendre la demande, mais nous revendiquons le respect de nos convictions bibliques.
Nous souhaitons toujours plus accepter l’autre quel qu’il soit, mais rien ne peut nous obliger à approuver tout ce qu’il fait.

Nous entendons le souci de l’accueil des personnes homosexuelles exprimé par le texte voté par l’EPUdF. Nous le partageons, nous ne partageons pas les mêmes conclusions.
Non ! Nous ne pouvons pas dire pour autant que l’Eglise Protestante Unie marie les couples homosexuels, pas plus d’ailleurs qu’elle ne marie les couples hétérosexuels, puisque le mariage n’est pas un sacrement en théologie protestante.

Nous ne nous livrerons à aucune attaque envers l’Eglise, les personnes ou les opinions qui se sont exprimées par ce fameux vote.

Nous mesurons ce que cela engendre comme difficultés, tensions tant à l’intérieur de l’EPUdF que dans les relations avec cette Eglise, mais nous ne nous autoriserons aucune ironie facile pour autant.
Oui, ce vote nous a attristés et inquiétés… Mais nous ne laisserons pas cette inquiétude altérer notre jugement et conditionner nos relations.

Nous sommes évangéliques, nous sommes protestants, rien ne nous coupera de cet héritage que nous revendiquons avec beaucoup d’autres, et nous continuerons à dialoguer, à confronter, à bâtir des ponts plutôt qu’à élever des murs.

Ainsi, nous affirmons que les raisons qui nous ont amenés à adhérer à la Fédération Protestante sont plus profondes que la difficulté réelle soulevée par le vote de l’EPUdF. Nous sommes attachés à la poursuite du projet fédératif, même en période de tensions, dans une attitude de dialogue exigeant, et nous ne procédons ni par anathème ni par condamnation, non par manque de conviction ou par opportunisme, mais parce que c’est notre conception du Protestantisme et du témoignage à rendre à l’Evangile.

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Jean-Marc Potenti.
Président